Affichage des articles dont le libellé est Eluard. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Eluard. Afficher tous les articles

mardi 3 mars 2026

                                                                                                ph. Avon, 2020.©MP
 

PRINTEMPS

Il y a sur la plage quelques flaques d’eau
Il y a dans les bois des arbres fous d’oiseaux
La neige fond dans la montagne
Les branches des pommiers brillent de tant de fleurs
Que le pâle soleil recule

C’est par un soir d’hiver dans un monde très dur
Que je vis ce printemps près de toi l’innocente
Il n’y a pas de nuit pour nous
Rien de ce qui périt n’a de prise sur toi
Et tu ne veux pas avoir froid

Notre printemps est un printemps qui a raison.

Paul Eluard, Phénix, in Je voudrais tant que tu te souviennes. Poèmes mis en chansons de Ruteboeuf à Boris Vian, Poésie/Gallimard, p.173.

 

 
                                                                     ph. Avon, 2025.©MP

                                Chanson, Barbara. 

                    https://youtu.be/Tp9qHgTlH4Y?si=OIQBPHyenszzfzTS

                  

 

 


 

 

 

dimanche 1 novembre 2015

Mains libres

             PAUL ELUARD - MAN RAY, Les Mains libres





          

                  AVIGNON

Le calendrier aboli
Nous fûmes seuls au rendez-vous. 

                          AVIGNON

Nous ne sommes restés qu’un moment à Avignon
Nous avions hâte d’arriver à l’Isle-sur-Sorgue
Où René Char nous attendait.


ÉCLORE EN HIVER

   La nuit s’imposant, mon premier geste fut de détruire le calendrier nœud de vipères où chaque jour abordé sautait aux yeux. La volte-face de la flamme d’une bougie m’en détourna. D’elle j’appris à me bien pencher et à me redresser en direction constante de l’horizon avoisinant mon sol, à voir de proche en proche une ombre mettre au monde une ombre par le biais d’un trait lumineux, et à la scruter. Enfin, ce dont je n’étais pas épris, qui persistait à ne pas passer, à demeurer plus que son temps, je ne le détestais plus. Mais, force intacte et clairvoyance spacieuse, c’était bien, l’aube venue, mon ouvrage solitaire qui, me séparant de mon frère jumeau, m’avait exempté de son harnais divin. Brocante dans le ciel : oppression terrestre.
   René Char, La nuit talismanique qui brillait dans son cercle (1972) in Le Nu perdu et autres poèmes 1964-1975, Poésie/Gallimard p.154



Réf. : 
    ¤   photo 2 : ouvrage, Poésie/Gallimard, 2014, p.86-87.                                                                                                        
 En fond, couverture de l'édition Jeanne Bucher, Paris 1937 (photo d’écran du site : http://www.lettresvolees.fr/eluard/ ) reproduite en tête.
   ¤   photo 4 : Paul Eluard et Valentine Hugo par Man Ray, ca. 1935; http://www.hellocoton.fr/paul-eluard-and-valentine-hugo-ca-1935-by-man-ray-6043798
Liens :
   ¤   Paul Eluard : https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_%C3%89luard
   ¤   Man Ray : https://fr.wikipedia.org/wiki/Man_Ray
   ¤   A propos du recueil Les mains libreshttps://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Mains_libres_%28%C3%89luard_%26_Ray%29
   ¤   René Char : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Char