il se tient debout face à la mer les yeux fermés on dirait depuis toujours comme s'il attendait que telle une sève la lumière monte d'on ne sait quels fonds — comme s'il avait compris que ni les mots ni les rayons ne suffisaient pour voir vraiment —
&
Tôt le matin une mer sans un pli peau tendue d’un immense fruit mûr qu’ouvrent de la base au sommet les bras que lentement écarte le nageur —
Loin du rivage un pêcheur immobile debout sur les eaux, sa main droite tient pareille à celle de l’aurige à Delphes un fil rompu le liant par-delà le temps et la brume à l’insaisissable —
Lorand Gaspar, Patmos et autres poèmes, Poésie/Gallimard (2018), p.128-129
Liens :










