LA VILLE DE MEXICO
... je suis né ici, ici j'ai écrit,
poursuivi, non par des démons,
mais par des lutins et des bêtes féroces, j'ai, grandi
dans une ville sas limites,
et malgré son horreur, sa misère et le chaos,
sa fumée et sa besogne* sans âme,
j'ai aimé son soleil, son énorme et doux automne,
ses places comme des firmaments,
les tièdes après-midi dans la légèreté de mars,
le profil montagneux au sud,
le masque et le couteau de ses gens,
son hier féroce, son aujourd'hui incertain,
et je l'ai aimée, je l'ai toujours aimée, je l'ai aimée,
je l'ai aimée comme aime un fils terrible**
Marco Antonio Campos (Mexico, 1949), in Un siècle de poésie mexicaine, anthologie, Points (2023). Traduction de ce poème, Denis Bélanger, p.105
(Version originale)
...yo nací aquí, escribí aquí,
perseguido, no por demonios,
sino por trasgos y fieras, crecí
en una ciudad ilímite,
y pese a su horror, miseria y caos,
a su humo y su trajín* sin alma,
amé su sol, su enorme y dulce otoño,
sus plazas como firmamentos,
las tibias tardes en leve marzo,
el perfil montañoso al sur,
la máscara y cuchillo de su gente,
su ayer feroz, su hoy incierto,
y la amé, la amé siempre, la amé,
la amé como ama un hijo duro**
Texte original trouvé en ligne dans le site de Letralia, Tierra de Letras. D'autres poèmes de l'auteur y sont proposés ainsi qu'une biographie. Lien : https://letralia.com/editorialletralia/especiales/urbana/2023/05/24/ciudad-de-mexico/
Remarques:
* le mot espagnol trajin peut se traduire par agitation, effervescence, tumulte. ** je propose : un enfant difficile





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